Maison passive : prétentions et réalité

Le sommaire des infos et concepts des maisons passives
Le seul moyen de s’assurer du fait qu’une construction est réellement passive est l’obtention du label Passivhaus, tel que précisé dans l’article « L’intérêt de la labellisation ». En l’absence de cette garantie, comment se faire une idée de la réalité des dires de votre interlocuteur alors qu’il peut, ce qui est malheureusement beaucoup trop souvent le cas, se repaître sans vergogne d’un simple argument commercial sans aucune réalité physique ? Un tel argument n’est-il pas une tentative d’escroquerie sur la qualité thermique réelle du projet à réaliser, ou de la construction existante, s’il n’est pas en mesure de prouver ce qu’il dit ?

Le cas des constructions neuves

La première des choses à faire, pour tenter de savoir si un projet est bien passif, est de demander à ce qu’il soit labellisé, même si ce n’est pas indispensable à vos yeux, ou, s’il n’est pas dans votre intention d’aller jusque-là pour quelque raison que ce soit.

La réponse de votre interlocuteur vous en dira long sur la qualité réelle du bâtiment, et sur la réalité de ces allégations :
  • S’il refuse de faire labelliser le bâtiment, vous devrez sérieusement vous poser la question sur la réalité de ces prétentions. Si vous voulez réellement une maison passive, cherchez ailleurs.
  • Si la maison est réellement passive, il devrait accepter la labellisation sans la moindre hésitation. L’aura du label Passivhaus est telle qu’il ne pourra en tirer que des avantages, notamment celui de faire connaître la qualité thermique de ses réalisations grâce aux retombées médiatiques qui en découlent fréquemment. Dans ce cas, demandez alors à ce que l’obtention du label soit insérée au contrat qu’il doit vous proposer. S’il refuse d’intégrer une telle clause, il y a fort à parier que la construction ne sera absolument pas passive.
  • S’il accepte mais tergiverse, et tente de vous dissuader par quelque moyen que ce soit, peut-être en vous faisant remarquer que c’est un coût supplémentaire, faites lui savoir que c’est votre problème et que vous tenez absolument à cette garantie. Vous vous retrouverez alors dans le cas d’une acceptation ou d’un refus, tel que précisé ci-dessus.
Dans le cas d’un refus de labellisation, demandez à ce qu’on vous transmette le calcul PHPP. La maison ne peut pas être passive sans que ce calcul ne le démontre. Comme la maison est censée être passive, il doit être en mesure de vous transmettre ce document dans l’heure qui suit, parce qu’il a dû le faire résilier pour s’assurer de ses prétentions :
  • S’il n’a pas le calcul, c’est un menteur ou un escroc. Passez votre chemin.
  • S’il vous le transmet, il sera dans l’obligation d’accepter la labellisation si son calcul est bien réalisé, et il refusera s’il est volontairement falsifié. Suivant le cas, vous saurez si vous avez à faire à quelqu’un de sérieux ou, au contraire, à un interlocuteur peu scrupuleux et pour le moins indélicat que vous devrez remplacer sans la moindre hésitation.
Il est à noter que le prix d’un calcul PHPP peut être relativement élevé et dépasser les 2500€ TTC hors labellisation. Il ne doit pas exister beaucoup de constructeurs qui paieraient pour une telle prestation sans vouloir en tirer les bénéfices. La fourniture du calcul PHPP est donc un bon moyen de s’assurer d’un début de réalité du respect des concepts « Maison Passive ». Étant donné la facilité avec laquelle il est possible de tricher pour obtenir un résultat qui correspond aux critères, une vérification du calcul sera toutefois nécessaire. C’est le cas pour les bâtiments labellisés qui sont contrôlés par l’association « La Maison Passive France ».

D’autre part, dans une maison passive, un niveau minimal de qualité thermique est impossible à éviter. Une isolation par l’intérieur hors maison en rez-de-chaussée, une VMC simple flux ou des doubles vitrages prévus en dehors de la zone méditerranéenne sont tous, individuellement, pratiquement toujours éliminatoires. Sachant qu’une construction ne pourra quasiment jamais atteindre un niveau thermique suffisant avec de telles prestations, vous saurez, par ce nouveau moyen très simple, détecter les maisons que votre interlocuteur prétend passives mais qui ne pourront jamais l’être dans les faits.

Le cas d’une construction existante

Étant donné le peu de réalisations passives en France, il est fort probable que votre interlocuteur vous mente, et c’est quasiment certain s’il s’agit d’un bâtiment de plus d’une dizaine d’années. Demandez toutefois les preuves de ce qui est avancé puisque le propriétaire actuel doit disposer des documents, tel le PHPP, comme dans le cas des constructions neuves, qui atteste de ses affirmations.

Dans tous les cas, demandez le DPE, le Diagnostic des Performances Énergétiques de la construction, pour vous assurer, au moins en premier abord, de la qualité réelle du bâtiment.

En cas de doute, demandez un audit énergétique par un thermicien reconnu, mais surtout pas par un opérateur de DPE dont les compétences sont fréquemment trop limitées. Vérifiez que le thermicien a déjà réalisé des calculs PHPP et qu’il ne vous fait pas payer son apprentissage du logiciel.

En résumé :
  • L’acceptation d’une demande de labellisation n’est pas une preuve de la qualité passive de la construction mais une indication qui va dans le bon sens
  • La fourniture du calcul PHPP est un début de preuve de la qualité passive de la construction
  • Le seul moyen d’avoir la certitude qu’un bâtiment est passif est sa labellisation