1.1 - L'avenir de l'homme (V2016)

Le sommaire des infos et concepts des maisons passives
Le hasard existe-t-il? Ce sujet, typique des cours de philo, s’applique-t-il à l’évolution de l’homme? Cette évolution n’est-elle pas plutôt le fait de la nature? Est-elle le résultat d’heureux hasards, celui de l’adaptation de l’homme à son milieu ou, en définitive, un savant mélange des deux?…

Dans la nature, seul le plus adapté survit. Seul celui qui survit peut se reproduire. Seul celui qui se reproduit transmet à sa descendance les gènes de son adaptation. Ici, il n’y a pas de hasard. La nécessité d’adaptation est plus qu’une règle, c’est la loi de la nature. Nul ne peut y déroger.

Parfois, souvent même, la machine à reproduire déraille. Les gênes sont mal transmises, une erreur intervient et ils sont modifiés. Mal codés par le fait du hasard, ils provoquent une différence. La conséquence est sans appel. La faiblesse est le plus souvent condamnée à disparaître, parfois à suivre un autre chemin. L’avantage, si c’en est un, peut être faible, il pourra alors, au hasard de la vie, soit disparaître, soit subsister. S’il s’agit d’un avantage fort, il peut disparaître, mais il a toutes les chances d’être plus facilement transmis. Au fil du temps, il peut alors devenir la norme de l’espèce et condamner les autres, moins adaptés, à disparaître. Dans ce cas, un saut évolutif a été franchi. Au-delà de la simple adaptation naturelle, le hasard a fait évoluer l’espèce pour l’adapter encore mieux à son milieu ou à sa propre évolution. C’est la sélection naturelle.

Adaptation est la seule loi que la nature connaisse, action-réaction instantanée sa seule règle. L’évolution du milieu lui-même conduit inexorablement à celle de ses hôtes ou à leur disparition pure et simple. La force, la vitesse, la rapidité, le camouflage, l’agilité, la vue, l’ouïe, l’odorat… ont été dirigés par la nature, au cours de millions d’années, pour faire des êtres vivants de chaque espèce ce qu’ils sont aujourd’hui.

Dépourvu de tout moyen d’autodéfense et d’autoprotection, l’homme primitif n’avait même pas les armes de sa propre survie au quotidien. Alors qu’elles auraient pu conduire à sa disparition ou à une évolution physique lui procurant tout ou partie des ressources nécessaires, ses possibilités d’adaptation associées aux hasards de la sélection naturelle l’ont conduit à résister grâce au développement de sa seule arme : son intelligence.

La nécessité de survivre au quotidien et celle de toujours mieux se protéger lui ont imposé de mieux penser, mieux réfléchir. Les plus intelligents d’entre eux se sont avérés être les plus habiles à s’adapter. Leurs facultés, plus facilement reproduites, sont devenues la norme. Fait unique dans l’histoire de l’évolution, l’adaptation permanente de l’homme à sa nature ainsi que les hasards de sa procréation ont transformé, au fil du temps, de simples utilisateurs des choses de la nature en créateurs prolixes et touche-à-tout. Se grouper, s’habiller, fabriquer des pièges, des armes, habiter ou, tout simplement apprendre à faire le feu, sont tous, sans exception, au moins en partie, des moyens de se prémunir, se mettre à l’abri d’un élément extérieur, des intempéries, du froid, de la chaleur, des prédateurs mais aussi des autres hommes.

Son intelligence lui a d’abord permis de vivre de la cueillette, de la pêche et de la chasse. Puis de fabriquer de l’habillement, des ustensiles du quotidien, des outils… Son instinct grégaire s’est développé pour favoriser sa survie et développer l’entraide. Ses déplacements, au gré des saisons, lui ont permis de trouver des habitats naturels dans les climats les plus adaptés.

L’intelligence de l’homme a engendré son savoir. Le savoir a facilité son adaptation. Intelligence et adaptabilité se sont combinées en harmonie, autoalimentées pour constituer un cercle vertueux. Le développement du savoir s’est poursuivi simultanément à celui de l’intelligence.

La découverte de l’agriculture et de l’élevage a provoqué la sédentarisation parce qu’il fallait bien s’occuper des champs et des animaux. La sédentarisation a incité au regroupement parce qu’il était plus facile de se protéger. L’accroissement de la population locale est devenu la règle de son évolution démographique parce qu’il était plus facile de se nourrir. Le vent, la pluie, la chaleur et le froid, pour résumer, le climat, ainsi que les prédateurs n’étaient plus seulement un risque direct pour l’homme mais, tout aussi grave, un risque pour son avenir, pour ses récoltes et ses élevages.

La combinaison de ces éléments a accentué la nécessité d’habiter des lieux fonctionnels créés par et pour l’homme, pour l’abriter des intempéries et des aléas du climat, pour assurer sa sécurité face aux prédateurs et aux agresseurs, pour le développement de ses activités, pour le stockage et la conservation de ses récoltes ainsi que pour la protection de ses élevages. Les constructions ont été déployées et améliorées au cours du temps. Le savoir, le savoir-faire, l’expérience et le bon sens accumulés, la connaissance de chaque lieu d’implantation, celle des matériaux, matériels et sources d’énergie disponibles, tous cumulés, ont concouru à leur édification en accord avec leur nature, leur proximité, leur contexte. Nul besoin d’architecte préhistorique pour s’assurer que leur fonctionnalité était en adéquation à leur utilité. Faire autrement aurait été un non-sens, un risque majeur que la nature n’aurait probablement pas pardonné.

L’évolution s’est poursuivie. La vie de l’homme est devenue différente, très différente. La nature n’a plus été la seule à imposer sa loi. L’homme a créé la sienne, celle de quelques-uns du moins, et se l’est imposée à lui-même. L’évolution et la complexification des savoirs ont conduit à la spécialisation. La spécialisation aux échanges. Les échanges au commerce. Le commerce à la facilité. L’homme qui a initialement développé les outils destinés à assouvir ses besoins vitaux, sa survie puis sa vie, a fini par développer des besoins de plus en plus futiles ou, pire, sans aucune utilité réelle hormis celle de poursuivre et développer son commerce.

De fonctionnelle, utile et sécuritaire, l’habitation est devenue lieu de détente, de loisir, de travail, de rencontre… objet social et sociétal par excellence, elle est dans tous les cas le lieu du confort à n’importe quel prix. Les vendeurs d’énergie, constitués en multinationale, l’ont bien compris : ils adorent ces constructions énergivores qui leur permettent de vendre tant d’énergie. Ces constructions n’ont plus rien de commun avec celles que la nature aurait approuvé. L’évolution des habitations a bien eu lieu, mais c’est l’adaptation aux lois des hommes, celle du commerce, du profit à tout prix, qui se sont généralisés sans pratiquement aucune référence à celle qui aurait également dû compter : l’adaptation à la nature.

L’homme fait ce qu’il veut, ou il veut, quand il veut, souvent même aux risques et périls de ces semblables. Il va là où sa cupidité, son autosatisfaction le mènent. Il faut développer son commerce sans limite quels qu’en soient les effets sur le court comme le long terme. Grave erreur de jugement. Le climat subit les conséquences de cette soif d’accumulation, de la désinvolture des hommes, de l’inconscience et de la méconnaissance de leur nature. Mais les règles sont toujours là : adaptation, action-réaction. La nature applique à elle-même les règles qu’elle impose aux hommes. Elle réagit instantanément et en permanence, parfois violemment. Ces réactions climatiques qui assurent son équilibre se transforment en catastrophe pour l’homme lui-même ou son espace vital. Les multinationales de l’énergie adorent ces désastres qui, après tout, ne sont pas très graves puisqu’ils sont bons pour le commerce, le leur évidemment.

Intelligence et commerce constituent un cercle vicieux dans lequel le commerce, uniquement géré par l’homme, sans intervention de la nature, à la priorité absolue. Le futile remplace l’utile, l’intérêt privé supplante l’intérêt public, l’homme agit dans son propre et unique intérêt, à court terme, sans même penser au futur de ces propres enfants, sans aucun sens de la nature qui pourtant l’a fait exister et sans laquelle il n’existerait plus. À force d’évolution, l’homme devenu plus intelligent et plus instruit a tenté de lui échapper. Faisant fit de ses contraintes, il a cru bon pouvoir tout faire, quelquefois avec sagesse, le plus souvent à contre nature. Il change sa nature, mais la nature n’en a cure. À chaque action de l’homme, la nature réagit immédiatement pour maintenir instantanément son nouvel équilibre. À force d’actions inadéquates, les nouveaux équilibres se succèdent et leur cumul différentie fortement l’actuel et l’initial, celui avec lequel l’homme primitif était en concordance. L’explosion démographique actuelle va forcément amplifier cet écart. Jusqu’où l’homme actuel pourra-t-il le supporter?

La nature a provoqué l’homme. Elle a pris son temps pour le façonner, le modeler, elle l’a tordu pour l’insérer dans son moule, pour que ce ne soit ni ses facultés physiques, ni ses sens, qui lui permettent de survivre, mais son intelligence, sa faculté d’adaptation à nul autre pareil. L’homme n’a pas choisi, la nature s’est imposée à lui. Elle est seule responsable du fait que le plus intelligent a évolué plus vite et mieux que les autres. Elle est la base de l’homme moderne, la source de l’évolution de ses besoins physiques ou futiles, vitaux ou non.

Bien qu’elle n’ait nullement besoin de lui, la nature a si bien adapté l’homme qu’on pourrait presque dire adopté. Lui par contre, l’homme d’aujourd’hui, ne s’est-il pas tellement dissocié d’elle qu’il cherche vainement à se l’adapter plutôt qu’à l’adopter alors qu’il a tant besoin d’elle? Une chose est sûre, la seule loi qui compte, mélange d’adaptation, de hasard, d’action-réaction instantanée, celle que l’homme ne peut défier impunément, celle qui, en définitive, s’impose à tous sous peine de disparaître, c’est la sienne. Plus qu’une croyance ou une certitude, c’est un fait :

Nul ne peut y déroger, la nature est l’avenir de l’homme



Article suivant sur le sujet
 

Sur le même sujet
Les fondements