1.3 - Changer d’attitude pour changer d'habitudes (V2016)

Le sommaire des infos et concepts des maisons passives
• Trouvez-vous normal de disposer de l’éclairage artificiel dans toutes les pièces de votre habitation ?
• Trouvez-vous normal de bénéficier du chauffage dans tout votre logement ?
• Trouvez-vous normal de disposer de l’électricité à toutes les prises ?
• Pensez-vous que la fourniture d’électricité est un besoin quasiment vital ?
• Pensez-vous qu’il en est de même pour la fourniture de l’eau potable, des systèmes de télécommunication ou de la gestion des déchets ?

Comme pratiquement tout habitant d’un pays développé, vous avez répondu oui à toutes ces questions. Vous trouvez donc normal de payer un producteur d’électricité pour bénéficier de ses services en ne vous souciant presque jamais des conséquences de sa production.

Pour vous l’électricité est beaucoup plus qu’un service, c’est un droit.

Vous savez que cette source d’énergie est produite à partir de centrales parfois hydrauliques, le plus souvent nucléaires et malheureusement de plus en plus fréquemment au gaz, au fioul ou au charbon. Vous pensez donc que la construction de ces centrales est indispensable… mais ailleurs, le plus loin possible de chez vous, chez les autres qui d’ailleurs aimeraient bien la déplacer chez vous plutôt que de la conserver, et vous estimez, quelle que soit sa situation, que bénéficier de sa production est un droit. En fait, bien que l’on considère la fourniture de l’électricité comme un dû, personne ne veut de ces centrales, même les climato-sceptiques qui estiment pourtant que ces centrales ne sont en rien responsable d’une partie même infime de la modification du climat.

Pour votre confort, vous incitez à polluer chez les autres même si vous savez que vous héritez d’une partie de cette pollution sans frontière qui se dilue dans l’atmosphère et revient rapidement, non seulement chez vous, mais aussi partout sur la planète. L’absence de la centrale, aux portes de votre environnement proche, vous évite la mauvaise conscience de la pollution que vous provoquez puisque vous ne voyez même pas l’objet du délit.

Vous savez pourtant qu’il est possible de produire de l’énergie électrique sans quasiment aucune pollution à l’aide d’éoliennes ou de toits photovoltaïques. Comme vous ne sauriez tolérer de voir les éoliennes dans votre paysage et que, parfois, même les toits photovoltaïques vous déplaisent, vous refusez leurs installations dans votre commune et tant pis si la pollution continue, ailleurs, puisqu’après tout c’est loin de chez vous. Au fait, combien d’éoliennes sont-elles construites dans votre commune ? Combien de constructions comportent-elles de toits photovoltaïques ? Comme pour les centrales, les éoliennes sont bienvenues, mais chez les autres.

Combien de temps allez-vous demander à vos voisins de se sacrifier pour vous ? Pensez-vous que vos voisins accepteront éternellement de pallier à vos déficiences ?

Les éoliennes ne sont qu’un exemple et ne sont pas la panacée, mais au moins elles participent à la production d’électricité sans émission de CO2. Elles modifient effectivement les paysages. Elles peuvent être bruyantes. Elles créent des champs magnétiques et peuvent parfois perturber les réceptions hertziennes. Les problèmes qu’elles créent ne sont toutefois pas rédhibitoires et peuvent trouver des solutions alors que les émissions de CO2 ne peuvent pas être supprimées dès lors qu’il y a consommation d’énergie fossile.

Aucune solution n’étant parfaite, de deux maux il faudra bien accepter le moindre et
consentir à quelques sacrifices en installant des modes de production d’énergie non polluants.

Il est possible de définir la même attitude avec les antennes de téléphonie mobile, les stations d’épuration ou la gestion des déchets en décharge ou en usine d’incinération. Bienvenue à tous les bénéfices quels qu’ils soient, mais sans en assumer les conséquences, même les plus minimes.

Il faudra bien qu’un jour chacun prenne ses responsabilités et
assume les impacts de son mode de vie individuel et collectif

  • On ne peut pas éternellement s’octroyer des droits sans devoir, sans contrepartie, sans solidarité, sans reconnaître, au minimum, que les autres ont les mêmes que nous.
  • On ne peut pas polluer chez les autres pour finalement bénéficier des avantages de leurs installations qu’elles aient été plébiscitées ou qu’elles aient été imposées.
  • On ne peut pas systématiquement privilégier l’économie au détriment de la nature et, en définitive, de notre santé et du futur de nos enfants, petits enfants, petits petits…
Parce que l’énergie est un droit, l’obtenir sans nuire à autrui est un devoir

Peut-être faites-vous partie de ceux qui ne se sentent pas concernés par ce point de vue parce que vous avez pris conscience des conséquences de votre mode de vie. Si ce n’est pas le cas, il est grand temps de se renseigner, de rechercher les informations pour se faire une opinion puis d’agir en connaissance de cause.

On estime qu’il faudrait 2,5 planètes comme la terre pour que tous les hommes actuels aient le même niveau de vie qu’un français moyen. Imaginez ce qu’il sera nécessaire dans quelques dizaines d’années avec l’augmentation prévisible de la population mondiale.

Des solutions existent ou se développent rapidement, les connaissances progressent, dans tous les domaines, pour améliorer le confort tout en limitant ses répercussions. Alors faut-il continuer comme d’habitude, comme si de rien n’était, ou faut-il changer d’habitude pour changer d’avenir ? En quelque sorte…

Changer d’attitude pour changer d’habitudes

Construire des maisons passives ou restaurer une construction existante à ce niveau de performance, ou à un niveau qui s’en rapproche, fait parti de ce processus parce que limiter les besoins, c’est limiter la production d’énergie et donc la pollution. L’efficacité énergétique est un des moyens les plus radicaux d’agir pour limiter la pollution tout en améliorant le confort au maximum. Une maison passive divise par 10 la consommation moyenne de nos constructions traditionnelles gauloises.

Construire passif c’est changer d’attitude à propos des bâtiments énergivores qui nous sont encore proposés aujourd’hui, c’est changer d’habitude de construction pour changer d’habitude de vie au quotidien. Il en va de la responsabilité de chacun.

Jean-Michel Pupille - Architecte D.P.L.G.

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