5-3 - Classique, bioclimatique ou passif : les concepts…

Le sommaire des infos et concepts des maisons passives
Prenez un grand terrain installé à peu près n’importe où, même en pleine campagne, éloigné de tout, même de votre lieu de travail et des écoles de vos enfants. Dessinez une construction ou choisissez la plutôt dans un catalogue comme ça vous fait plaisir, sans aucune contrainte autre que celle des mensualités de remboursement de vos futurs emprunts. Implantez la un peu au hasard sur le terrain mais, bien sûr, parallèle à la route qui y amène sans vraiment aucune raison particulière mais pour faire comme à peu près tout le monde, comme d’habitude. Construisez tout en rez-de-chaussée avec une partie jour et une partie nuit. La partie jour comporte l’entrée, un vaste séjour pour recevoir la famille complète une ou deux fois par an seulement, une cuisine assez grande pour y manger au quotidien avec un réduit conséquent pour ranger quelques conserves et enfin un WC. La partie nuit comporte au moins trois vastes chambres et 2 salles de bain avec WC inclus. Prévoyez une cave et un garage intégré pour 2 véhicules, une pour chacun des parents et éventuellement la place pour celles des futurs enfants.

Maintenant que votre choix est définitif vous allez passer à la construction. Il ne reste qu’à prévoir les équipements et notamment les systèmes de chauffage et de production d’eau chaude. Comme le gaz n’est pas présent, c’est trop loin de tout, vous allez installer des convecteurs et un chauffe-eau électrique parce que c’est la facilité maximale et de très loin la solution la moins chère à l’investissement. Une puissance de chauffage de 50 à 100kW/m2 est la norme. Plutôt 100 d’ailleurs, pour éviter tous risques et garantir une température intérieure de 20°C même par -15°C à l’extérieur alors que la température minimale habituelle ne descend pratiquement jamais en dessous de -5°C.

Cet exemple n’est pas pris au hasard. Il est parfaitement typique de 80 % des constructions classiques actuelles en France qui ne sont même pas conformes à la RT2005, la réglementation applicable qui n’est jamais contrôlée et donc rarement respectée. Ce genre de bâtiment est la cause principale des surcharges des réseaux d’électricité aux heures de pointe et des effacements des réseaux qu’elles imposent.

Dans une construction classique, peu importent les besoins énergétiques qui seront toujours satisfaits par
la puissance du système de chauffage déterminée après conception par le chauffagiste.

Une construction classique ne fait aucun cas de l’environnement

Cherchez un terrain de petite taille mais suffisante pour la construction que vous envisagez, avec une exposition sud dégagée et sans risque d’obstruction, proche de votre lieu de travail, regroupé avec d’autres le plus près possible d’un centre de ville ou de village et à proximité des écoles et des transports en commun. Dessinez, ou faites dessiner par une personne compétente, une construction compacte, bien orientée par rapport au sud quelles que soient l’orientation et la position de la voie d’accès. Concevez un garage séparé pour que ces parois ne donnent pas directement dans la construction. Évitez les caves dont l’isolation parfaite est très difficile. Prévoyez un sas entre la partie habitable et le garage afin de faciliter l’accès entre les deux et de minimiser les courants d’air lors des accès répétés. Percez de grands vitrages au sud équipés de pare-soleil étudiés en fonction de la latitude du lieu pour amener le maximum de soleil en hiver et le minimum en été. Supprimez le maximum de baies à l’est et à l’ouest parce qu’elles sont sources de surchauffe en été. Dessinez des ouvrants oscillo-battant au nord pour permettre une ventilation transversale nocturne maximale avec les ouvrants sud de même type. Prévoyez les mêmes pièces que dans le cas de la construction classique mais avec des surfaces plus petites et mieux adaptées. Installez les pièces principales au sud et les autres au nord. Plantez des arbres à feuille caduque au sud et à feuille persistante au nord et face au vent dominant. L’est et l’ouest peuvent également être protégés par des arbres à feuilles caduques.

Maintenant que votre choix est définitif vous allez passer à la construction. Il ne reste qu’à prévoir les équipements et notamment les systèmes de chauffage et de production d’eau chaude. Comme le gaz n’est pas présent malgré votre souhait, vous allez installer une pompe à chaleur qui assurera de chauffage et le complément indispensable pour obtenir l’eau chaude déjà préchauffée par des capteurs thermiques. Faites calculer correctement la puissance de chauffage nécessaire, sans la surévaluer pour améliorer le rendement et limiter des coûts d’investissement inutiles.

Cet exemple est parfaitement typique des constructions bioclimatiques. Elles ne sont généralement conformes à minima à la RT2005 parce qu’elles sont réalisées par des maîtres d’ouvrage plus soucieux de l’écologie et de leurs économies. Ce genre de bâtiment limite considérablement les besoins énergétiques, notamment pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire, en bénéficiant de tous les avantages possibles du climat local auxquelles elles doivent être parfaitement adaptées.

Dans une construction bioclimatique, les besoins énergétiques sont en partie assurés grâce à
la prise en compte des apports du microclimat calculés par le concepteur pour réduire la consommation d’énergie.

Une construction bioclimatique exploite au maximum son environnement

En hiver froid, les maisons bioclimatiques ne sont pas nécessairement suffisantes pour assurer un confort minimal sans avoir besoin de recourir à un puissant système de chauffage forcément coûteux en investissement, en entretien et en réparation ou en remplacement, en sus, bien entendu, de la consommation d’énergie. En période très chaude de l’été, les risques de surchauffe sont importants. Pour éviter ces inconvénients, la seule solution consiste à se protéger au maximum de l’ambiance extérieure trop éloignée de nos besoins normaux. Pour atteindre cet objectif, il faut limiter les échanges de chaleur entre l’intérieur et l’extérieur, tant en hiver qu’en été, tant par toutes les parois extérieures, sols, murs, plafonds et baies vitrées, que par le renouvellement de l’air indispensable à notre santé. Surisoler, éviter les courants d’air incontrôlés grâce à l’étanchéité à l’air et récupérer la chaleur de l’air extrait sont toutes des solutions possibles. Ces principes, découlant de la simple logique, peuvent se cumuler. Ce cumul n’est rien d’autre que le concept des maisons passives précisées dans l’article « Recette pour concevoir un bâtiment passif ». Leur niveau de performance est optimisé de manière à ce qu’un système de chauffage rudimentaire soit suffisant pour assurer le confort en hiver. La limitation des échanges de chaleur en été doit être suffisante pour éviter les risques de surchauffe.

La base des maisons passives n’est toutefois pas nécessairement bioclimatique. Elle peut être classique. Les constructions bioclimatiques faciliteront bien évidemment l’optimisation des besoins de chauffage et d’eau chaude mais cette condition n’est pas indispensable et il est parfaitement possible de réaliser une construction passive en zone ombragée, il en coûtera simplement plus cher. Cette solution devrait être limitée aux assises foncières qui ne permettent pas de bénéficier des avantages du climat.

Dans une construction passive, le confort est assuré grâce aux performances thermiques globales du bâtiment
calculées lors de la conception pour que tout système de chauffage classique soit inutile.

Une construction passive se protège des extrêmes de son environnement

En résumé :

  • Une construction classique ne fait aucun cas de l’environnement
  • Une construction bioclimatique exploite au maximum son environnement
  • Une construction passive se protège des extrêmes de son environnement
  • Les concepts bioclimatique et passif peuvent être associés pour améliorer les performances écologiques globales


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