8-1 - Une approche globale du confort

Le sommaire des infos et concepts des maisons passives
Les constructions certifiées « Maison passive », sans système de chauffage classique, peuvent-elles assurer le confort ? Mais au fait, c’est quoi le confort ? Comment le ressent-on ? De quoi dépend-il ? Quel niveau faut-il atteindre ? Ce niveau est-il le même pour tout le monde ? Ces questions déjà nombreuses, exposées dans les premiers articles de ce site, « L’avenir de l’homme » et « L’avenir en construction », loin d’être exhaustives, montrent que le sujet est vaste. Si vaste même qu’il nécessite d’être clairement délimité. Le confort physique résultant de l’usage de machines ou d’équipements adaptés à des fonctions précises et les types de confort externes aux constructions ne correspondent en rien au sujet de ce site. On peut toutefois constater que tous les types de confort, sans exception, découlent de la facilité et de l’efficacité à court terme, de l’usage de l’énergie parce, n’étant pas en mesure de nous adapter à tous les environnements, le confort systématique, permanent, partout et dans tous les domaines, nécessite une adaptation de l’environnement à nos besoins. Cette recherche maximale du confort est, par voie de conséquence, une des principales causes de la pollution au dioxyde de carbone et contribue pour une large part à la modification du climat planétaire.

Dans cet article, l’analyse des conforts sera limitée à ceux résultant de l’usage des constructions écologiques et plus particulièrement des constructions passives.

Quel qu’il soit, le confort ne peut s’apprécier qu’en fonction de 4 de nos 5 sens, la vue, l’ouïe, l’odorat et le toucher. Il dépend donc des capacités physiologiques et de l’appréciation psychologique de chacun. On peut immédiatement comprendre qu’il n’existe que peu de situation de confort capable de satisfaire la totalité d’individus dont les caractéristiques physiques et psychologiques peuvent être très différentes.

Dans nos constructions, le confort peut être thermique, tactile, phonique, acoustique, visuel, hygrométrique ou olfactif.

Le confort thermique :
C’est l’élément essentiel du confort. Si l’homme peut s’adapter facilement aux autres types de confort, la plage de confort thermique est relativement faible, même en prenant en compte un habillement adapté à la saison.

Dans les logements, on peut considérer qu’il fait froid lorsque l’air descend en dessous de 18°C et qu’il fait chaud au-delà de 25 à 26°C, la température idéale se situant autour de 20 à 22 °C. Mais le sentiment de confort thermique ne dépend pas uniquement de la température de l’air. Il dépend également de la température des parois. En été, une température d’air à 20°C avec des parois dont la température est à plus de 22°C conduit à un sentiment de chaleur. En hiver, la même température d’air de 20°C avec des parois dont la température est inférieure à 18°C conduit un sentiment de fraîcheur voir même à une sensation de froid lorsque la température de paroi descend en dessous de 16°C. La raison en est simple. La température que nous ressentons, la température opérative, est la moyenne entre la température de l’air et celle de toutes les parois qui nous entourent. Avec un air à 20°C et des parois à 24°C la température ressentie est chaude à 22°C. Avec une température d’air identique mais des parois à 16°C la température ressentie est fraîche à 18°C.

Le chauffage permet de maintenir une température de l’air correcte alors que, seule, l’isolation permet d’assurer une température de paroi correcte, ni trop froide en hiver, ni trop chaude en été. En jouant ce rôle, l’isolation peut limiter considérablement le besoin de chaleur. Cette énergie économisée évite une pollution supplémentaire.

Dans les maisons passives, la surisolation des parois extérieures permet d’obtenir, en hiver comme en été, des températures de paroi proches de la température de l’air sans point froid ou chaud parce que sans pont thermique. La température ressentie y est donc pratiquement celle de l’air avec un chauffage bien moindre puisque, au-delà de l’amélioration des températures superficielles intérieures des façades et du sol, l’isolation minimise les besoins énergétiques à tel point que tout système de chauffage classique devient inutile tout en assurant un meilleur confort thermique toute l’année.

Le confort tactile :
Il dépend essentiellement des températures de surface avec lesquelles il peut y avoir un contact direct et fréquent avec la peau. C’est notamment le cas des sols.

Le confort est bon lorsque la température de paroi n’est ni trop froide ni trop chaude. Les ponts thermiques qui provoquent des zones froides en hiver et des zones chaudes en été doivent être évités. Les systèmes de chauffage par le sol doivent limiter les températures de sol.

Les matériaux de finition doivent être faiblement conducteurs, comme les planchers bois, afin de limiter les écarts de température lorsque la qualité thermique est insuffisante. Ils doivent être plutôt conducteurs, afin d’homogénéiser les températures, comme le carrelage par exemple, lorsque les qualités thermiques sont bonnes comme dans les maisons passives. Dans ces constructions le confort tactile est amélioré du fait que les parois ont des températures très proches de celles de l’air et marcher pied nu sur un sol de béton n’est plus systématiquement inconfortable.

Le confort phonique :
Caractérisé par les affaiblissements acoustiques des parois, il dépend de la qualité des matériaux des façades et, essentiellement, de leur capacité à affaiblir les sons en provenance de l’extérieur. Ces matériaux ne sont pas forcément spécifiques aux constructions écologiques et, quand c’est malgré tout le cas, leurs caractéristiques physiques sont similaires à celles des constructions classiques.

Dans les constructions passives, les épaisseurs d’isolation supérieures à celles habituellement pratiquées et l’usage de plus en plus fréquent des triples vitrages peuvent améliorer les performances globales.

Le confort acoustique :
Il dépend de la qualité des matériaux intérieurs de toutes les parois et, principalement, de leur capacité à réfléchir les sons. Ils ne sont pas spécifiques aux constructions écologiques.

Les aménagements et le mobilier intérieur des logements sont généralement suffisants pour limiter une réverbération des sons qui rendrait les locaux difficilement utilisables du point de vue acoustique.

Le confort visuel :
L’éclairage naturel dépend de la surface des baies vitrées, de leur orientation, de leur inclinaison et des protections solaires qui doivent être d’autant plus efficaces que les apports solaires sont plus importants. Les plus grandes surfaces des vitrages généralement mis en œuvre dans les constructions bioclimatiques doivent aller de pair avec des protections solaires plus efficaces.

La mise en œuvre de solutions bioclimatiques transforme les fenêtres en système de chauffage et d’éclairage capables d’assurer, à elles seules, une grande partie du confort thermique et visuel des maisons passives.

Le confort hygrométrique :
Il est moins important que la température ressentie mais peut provoquer des désagréments s’il n’est pas suffisant. L’air trop sec assèche la peau et les muqueuses en provoquant des toux sèches. L’air trop humide ne permet pas un assèchement suffisant de la peau et ne permet pas l’évacuation de la sueur. La quantité d’humidité que peut contenir l’air dépend essentiellement de sa température. Plus il est chaud et plus il peut être humide. À température ambiante normale, entre 20 et 22°C, un taux d’humidité correct doit se situer entre 35 et 55 %.

La régulation de l’humidité est le fait de la ventilation généralement réalisée par des VMC, Ventilation Mécanique Contrôlée, simple flux autoréglable ou hygroréglable ou double flux avec récupération de chaleur.

Avec les VMC autoréglables ou hygroréglables, l’air le plus humide des pièces d’eau, des WC et des cuisines est évacué à l’extérieur en amenant la vapeur d’eau qu’il contient. L’air neuf est amené dans les autres pièces par des grilles d’entrée d’air généralement situées sur les menuiseries extérieures.

Dans les maisons passives, ce sont les VMC double flux qui gèrent simultanément l’extraction et l’apport d’air neuf préchauffé. L’absence de gilles d’entrée directe de l’air permet d’éviter les courants d’air froid qu’elles provoquent mais, par contre, ces VMC ont tendance à trop assécher l’air. Leurs débits doivent être correctement déterminés pour éliminer ce risque et elles peuvent, de plus, comporter des systèmes intégrés de régulation de l’humidité.

Le confort olfactif et la qualité de l’air intérieur :
Les odeurs provenant essentiellement des cuisines et des WC, les COV, Composés Organo-Volatils libérés par les parois, les aménagements et équipements intérieurs ainsi que la vapeur d’eau issue de la préparation des repas et les douches peuvent être fortement réduits, c’est le rôle de la ventilation permanente, naturelle mais difficilement contrôlable ou celui plus rigoureux des VMC simple ou double flux.

Dans les maisons passives, les VMC double flux évitent de plus l’introduction des pollens en provenance de l’extérieur grâce au contrôle et à la filtration de l’air neuf.

Confort thermique, tactile, phonique, visuel, hygrométrique ou olfactif
sont tous sans exception à l’avantage du concept « maison passive »


En résumé :

  • Les parois participent au confort thermique dans le mêmes proportions que la température de l’air
  • Les parois participent au confort acoustique, phonique, visuel et tactile des constructions
  • Les VMC double flux participent au confort thermique, phonique, hygrothermique, olfactif et à la qualité de l’air intérieur des constructions


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