3-2-4 - La construction écologique et le principe de précaution

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Pourquoi construire écologique ?

Raison 4 - Le principe de précaution

Le bon sens comme guide



Si vous trouvez, dans la nature, un fruit que vous ne connaissez pas, allez vous le manger ? Si vous allez à la cueillette des champignons, allez vous ramasser tous ceux que vous trouverez ? Bien évidemment, la réponse est généralement non dans ces 2 cas et les exemples pourraient être très nombreux dans bien d’autres domaines que celui de la nourriture. Vous appliquez, pour vous-même et vos proches, la première règle du bon sens, le principe de précaution imposé par la limite de vos connaissances et de vos compétences qui limitent votre action. Certains, comme toujours, franchissent la limite. Quelques-uns réussissent mais d’autres échouent et font un stage forcé dans un hôpital alors qu’ils auraient pu faire un stage préventif pour développer leurs savoirs. Le risque est heureusement limité à celui des proches qui partageront le même repas.

Les GES, contrairement aux fruits ou aux champignons, ne sont pas visibles. Les conséquences de leur concentration ne sont pas ressenties à court terme mais prouvés par la science sur le long terme. L’évolution des conséquences n’est pas connue mais estimée sur la base de modèles mathématiques qui ont fait leurs preuves et sont attestés par l’histoire ancienne et récente.

Certains, heureusement de moins en moins nombreux, prétendent que l’homme ne peut pas avoir une action suffisante pour modifier le climat. Ces climato-sceptiques, à l’image des cueilleurs de fruits et de champignons, sans connaissances spécifiques, souvent issus du lobbying énergétique, qui n’ont d’autres intérêts que celui de vendre un maximum d’énergie et d’agir dans leur propre et unique intérêt économique, sèment le trouble face à des milliers de chercheurs et scientifiques de tous les pays. Rien que de plus normal.

Mais, même en temps que membre du « Gang des grille-pains », ces convecteurs électriques qui sont utilisés pour justifier du besoin des centrales nucléaires, même en temps que membre du lobbying à tous crins, un doute devrait aux soins subsister : et si ces milliers de chercheurs avaient au moins en partie raison ? Autrement dit, est il plus probable que des milliers de scientifiques, issus de formations, spécialités et cultures différentes aient un raisonnement plus logique que celui de quelques climatoseptiques qui n’ont d’autres choix que de sauter sur des détails insignifiants pour justifier de leurs raisonnements sans autre justification?

Si tel est le cas, si un soupçon de risque existe réellement, comme pour la cueillette, ce doute doit nous imposer d’agir pour éviter les conséquences possibles avant qu’il ne soit trop tard. Mais contrairement aux fruits et aux champignons qui limitent la portée du risque à la sphère de ceux qui partagent le même repas, la pollution n’a pas de frontière et les menaces ne sont pas circonscrites à une population locale réduite mais concernent la planète entière.

C’est sur la base d’un raisonnement similaire que le principe de précaution a été formulé pour la première fois en 1992 dans la Déclaration de Rio qui stipule : « En cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l’absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l’environnement ».

En France, la loi précise que « l’absence de certitudes, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l’adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l’environnement à un coût économiquement acceptable ».

L’article 5 de « La charte de l’environnement », le défini ainsi : « Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à̀ la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à̀ l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à̀ la réalisation du dommage ». Elle fait suite à l’article 3 qui défini le principe de prévention selon lequel « Toute personne doit prévenir les atteintes qu’elle est susceptible de porter à l’environnement ou, à défaut, en limiter les conséquences ».

Le principe de précaution concerne, en définitive, les risques qui ne sont pas parfaitement connus ou ceux qui le sont mais dont les conséquences ou la probabilité de réalisation ne les sont pas. Par exemple, les risques liés aux centrales nucléaires sont en partie connus, surtout depuis l’accident de Fukushima, mais la probabilité qu’un tel accident survienne ne l’est pas. Lorsque le risque, son ampleur, ses conséquences ou la probabilité de sa réalisation sont suffisamment forts, il devient nécessaire d’adopter des mesures provisoires et proportionnées afin d’éviter les dommages consécutifs irrémédiables. La prévention et la prudence doivent être érigées en règle parce qu’à l’évidence « Mieux vaut prévenir que guérir ».

La mise en œuvre du principe de précaution implique celle de procédures d’évaluation des risques encourus afin de lever tous les doutes. Elle implique l’acceptation de la réversibilité des démarches imposées en cas de remise en cause d’une mise en œuvre réellement injustifiée ou inadéquate.

En France, la consommation des constructions actuelles représente environ 43 % de la consommation totale d’énergie et la production de CO2 qui en résulte atteint approximativement 23 % des émissions totales découlant à cet usage. Toutes ces constructions participent donc pour une large part à la pollution que nous connaissons et, simultanément, au réchauffement climatique. Nous avons donc un devoir de précaution pour limiter ses changements dont les conséquences, bien qu’imparfaitement connues, se dessinent de mieux en mieux au fil des ans. La prévention consiste alors à limiter la pollution. La réalisation de constructions écologiques qui sont conçues en ce sens doit être mise en œuvre et, notamment, celles qui sont les plus efficaces de ce point de vue, celles qui adoptent le concept « Maison passive » qui plus est à énergie positive.


En résumé :
  • Le principe de précaution consiste à prévenir plutôt qu’à guérir
  • Le principe de précaution est basé sur la prévention et la prudence
  • Les constructions écologiques participent à la prévention du risque de réchauffement climatique
  • Les constructions écologiques les plus efficaces sont labellisées « Maison passive »


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