6-8 - Accessibilité de l'inertie thermique (V2016)

Le sommaire des infos et concepts des maisons passives

Le confort est amélioré grâce à l'inertie thermique et à la ventilation

Lorsqu'il y a variation de température, les parois à forte inertie peuvent jouer un rôle d'éponge thermique. Quand c'est bien le cas, elles absorbent la chaleur en hausse dans la journée, en réduisant les variations de la température de l'air, et la restituent dans dans la soirée et pendant la nuit quand la chaleur alors libérée dans l'air peut être évacuée par la ventilation nocturne. Ce mode de fonctionnement implique que les échanges se font essentiellement par convection entre les parois et l'air qui les entoure.

Ça, c'est la théorie. Dans la pratique, il faut que ces parois puissent effectivement capter la chaleur et la restituer. Pour être réellement efficaces, leurs façades doivent donc être en contact direct avec l'ambiance de l'habitation, notamment la chaleur véhiculée par l'air de la ventilation naturelle, grâce à l'ouverture des fenêtres passives, ou de la ventilation forcée, grâce à la VMC double flux surtout quand elle est couplée à un puits provençal hydraulique post VMC

Une paroi à forte inertie ne peut stocker que l'énergie qui peut l'atteindre
Une paroi à forte inertie ne peut restituer que l'énergie qu'elle a stockée

Tout matériau, notamment les isolants, qui viendrait recouvrir les façades des parois massives à forte inertie ne permettrait plus les échanges directs de chaleur par convection et provoquerait systématiquement un effondrement de leur efficacité. La capacité d'absorption de la chaleur se trouverait ainsi réduite à la part qui pourrait uniquement être absorbée grâce à la conduction thermique au travers des faces non visibles.

Les parois à forte inertie par absorption ne sont pas efficaces
si leurs façades à forte inertie ne sont pas accessibles

On considère qu'une paroi en matériau à forte inertie est efficace quand son épaisseur est de 10cm par face accessible. Une paroi dont l'inertie est accessible sur ces deux faces, comme un mur de refend par exemple, doit donc avoir une épaisseur de 20cm.

L'inertie thermique d'une construction est d'autant plus importante
que le nombre et la surface des parois à forte inertie accessible sont importants

L'inertie thermique est donc trompeuse. Entre l'inertie thermique potentielle et l'inertie thermique réellement performante, il peut y avoir un gouffre que certains n'hésitent pas à franchir. Les murs porteurs réalisés avec des blocs à bancher en polystyrène, par exemple, comportent une âme en béton plein à très forte inertie par absorption, et pourtant, leur inertie réelle est mauvaise. Ces blocs comportent, en effet, des épaisseurs d'isolation de plusieurs centimètres côté intérieur des locaux. Ils ne peuvent donc pas être vraiment efficaces du point de vue de l'inertie intérieure par absorption, car la chaleur véhiculée par l'air ne peut malheureusement pas atteindre facilement cette masse pourtant très importante. Du point de vue pratique, ces parois sont équivalentes à des murs de maçonnerie dont l'isolation est en partie réalisée par un doublage isolant caché par des plaques de plâtre. Elles sont donc à faible inertie contrairement à ce que leurs fabricants tentent de faire croire en omettant d'expliquer les conséquences de l'inaccessibilité de leur inertie, dont, au final, le potentiel est réduit à la part de la chaleur qui peut être seulement stockée grâce à la conductivité des autres faces.

L'inertie thermique doit être accessible pour que son potentiel devienne réel
Jean-Michel Pupille - Architecte D.P.L.G.


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