10-5 - L'isolation protège aussi en été

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L’isolation, si possible sans pont thermique, est l’avenir des économies d’énergie et, par voie de conséquence, celui des économies financières et de la limitation de la pollution des bâtiments. Telle est la conclusion de l’article « Pourquoi isoler un bâtiment » qui est encore, fort malheureusement, loin d’être une évidence pour tout le monde. Bien que cette démarche soit parfaitement logique, malgré les intérêts économiques, financiers et fiscaux, qu’elle présente, la psychologie humaine préfère retenir les solutions plus faciles et plus rapides à mettre en œuvre pour atteindre le confort maximum en permanence.

Confort d’hiver est plus facilement et plus rapidement synonyme de chauffage que d’isolation probablement parce que les isolants n’ont, jusqu’à une époque relativement récente, jamais fait parti de notre évolution naturelle, qu’ils sont moins faciles à mettre en œuvre et qu’ils n’ont pas un résultat instantané comme un bon feu de bois par exemple ou un simple convecteur poussé à fond. L’inflation des réglementations thermiques et les orientations financières de toutes les aides à la construction, finiront peut-être par faire changer les mentalités, mai rien n’est moins sûr et, dans tous les cas, il faudra du temps, beaucoup de temps.

Lorsqu’on parle d’isolation, la logique immédiate fait penser à l’hiver. Les isolants ne fonctionnent pourtant pas à sens unique et uniquement en saison froide. Ils ne freinent pas seulement les flux de chaleur de manière unidirectionnelle, de l’intérieur vers l’extérieur, lorsqu’il faut chauffer ou au minimum maintenir la température intérieure déjà existante. Ils fonctionnent aussi en été, notamment lorsque la chaleur du soleil frappe longtemps les parois exposées à l’est le matin, au sud dans la journée et à l’ouest le soir. Dans cette situation, les isolants freinent aussi l’énergie gratuite et non polluante mais non sollicitée du soleil.

En été, la chaleur produite à l’extérieur est généralement très supérieure à celle produite à l’intérieur. Le flux de chaleur est inversé par rapport à l’hiver. Il transite, de l’extérieur vers l’intérieur, au travers des parois des façades, pour réchauffer l’atmosphère intérieure qui n’en a pourtant pas besoin. La solution de facilité consiste à utiliser l’énergie pour climatiser, pour évacuer la chaleur intérieure, au même titre et avec les mêmes raisons que pour se chauffer en hiver. Cette solution n’est ni raisonnable financièrement, ni bonne pour le climat. Il faut et il suffit fréquemment de limiter au maximum les apports inutiles d’énergie extérieure pour être en situation de confort sans énergie et donc sans pollution.

La chaleur peut pénétrer dans nos constructions de multiples manières. Elle peut provenir directement du soleil qui chauffe les façades mais surtout les toitures ensoleillées, de l’air chaud en contact avec toutes les parois même ombragées ou du renouvellement d’air indispensable à notre santé. Les solutions pour s’en protéger doivent être adaptées à la méthode de pénétration. Les procédés d’évacuation peuvent être développés lorsqu’il n’est pas suffisant de s’en préserver.

L’ombrage réalisé par des arbres, des pare-soleil, des volets ou des stores sont des exemples qui peuvent et doivent protéger des rayons directs du soleil en été, sans les stopper inutilement en hiver, notamment au niveau des ouvertures indispensables à l’éclairage intérieur. L’air peut être traité pour rentrer à une température plus fraîche qu’il ne le serait s’il était directement prélevé à l’extérieur. La ventilation nocturne peut évacuer toute ou partie de la chaleur emmagasinée dans la journée. Mais le réchauffement résultant de l’ensoleillement direct, notamment celui des toitures, et la transmission de la chaleur de l’air extérieur surchauffé par conduction au travers de toutes les parois hors sol ne peuvent être stoppés que par un seul et unique moyen : l’isolation.

L’isolation bloque la chaleur à l’extérieur en été comme elle la bloque à l’intérieur en hiver

L’isolation à donc un double intérêt contraire ment aux systèmes de chauffage que ne sont utiles qu’en hiver et la climatisation que ne fonctionne qu’en été sauf si elle est réversible. L’investissement dans l’isolation est deux fois plus efficace que l’investissement dans les techniques actives de confort d’hiver et d’été. Elle ne nécessite ni frais de fonctionnement, ni frais d'entretien, ni frais de réparation. Elle ne nécessite pas, non plus, d’être changée régulièrement, tous les quinze à 20 ans avec beaucoup de la chance.

L’utilité de l’isolation ne faisant plus aucun doute, en été au même titre qu’en hiver, il ne reste qu’à déterminer le choix du type d’isolation à mettre en œuvre. Tous ces sujets ont été traités dans les articles « Qu’est-ce qu’un isolant thermique ? », « Pourquoi isoler un bâtiment ? », et « Comment isoler un bâtiment » et enfin « Les Français ont adopté ITI ». Ils ne peuvent pas être écartés du confort procuré par les inerties par transmission et par absorption, traités dans l’article « Comprendre l’inertie thermique », pendant cette période ou les changements de température quotidiens peuvent être très importants. Le choix des matériaux à proprement parlé fera l’objet d’autres articles.

A la lecture de tous ces articles, la seule et unique solution logique, celle assurant le confort maximum, au long du temps et pour longtemps, celle qui prend le mieux en compte tous les phénomènes physiques est, sans aucun doute possible, l’isolation par l’extérieur, celle des maisons passives.


En résumé :

  • L’isolation thermique fonctionne aussi bien en saison chaude qu’en saison froide
  • Isoler, c’est se protéger du froid en hiver mais c’est aussi se protéger de la chaleur en été
  • Isoler par l’extérieur permet de bénéficier de l’inertie thermique par transmission et par absorption
  • L’isolation par l’extérieur est la seule qui permette de garantir le confort en toute saison


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