10-2 - Pourquoi isoler un bâtiment ?

Le sommaire des infos et concepts des maisons passives
Un des besoins vitaux de l’homme est la nécessité d’un confort minimum résultant de son évolution alors qu’il n’a aucun moyen physique lui permettant de s’autoprotéger des aléas de la nature. Pourtant ce besoin est aussi fondamental que ceux de respirer, boire, manger ou dormir. Ils sont d’ailleurs tous totalement liés parce que c’est le lieu de vie qui est celui du confort indispensable mais aussi celui ou tous ses besoins sont, la plupart du temps, assouvis. Le lien entre lieu de vie et confort est donc essentiel. Son habitation est pratiquement son seul moyen d’assurer son confort en permanence, celui nécessaire à sa survie d’abord et, tout aussi important, à la qualité de sa vie.

Le lieu de vie est, la plupart du temps, un logement situé dans une construction individuelle ou un immeuble collectif. C’est lui qui doit assurer ce besoin de confort minimal. C’est d’ailleurs, là, son rôle premier. Son chauffage, associé avec un habillement de qualité des occupants, est le seul moyen d’obtenir le confort en période hivernale. Chauffer pour obtenir le confort nécessite de l’énergie. L’homme qui, par nature, choisit toujours la facilité, à tendance à utiliser systématiquement l’énergie la plus facilement utilisable, la moins chère, celle qui est le plus facilement disponible sans se préoccuper de quelconques limites en dehors de celles qui résultent de ses propres moyens économiques. L’utilisation de l’énergie nécessite des moyens financiers de plus en plus importants et constitue le facteur déterminant de la pollution des logements. Éviter tout risque de précarité énergétique à long terme, liée à l’augmentation prévisible de l’énergie, est pourtant essentiel au même titre que de limiter la pollution avec ses répercussions sur le climat de toute notre planète. L’objectif doit donc être de limiter impérativement les besoins au minimum indispensable, à l’énergie fatale, celle qu’il est quasiment impossible de ne pas consommer et celle qui résulte des pertes de rendement de tout système de production d’énergie.

Limiter l’énergie nécessaire au minimum indispensable tout en assurant un confort maximum ne peut se faire que grâce à la solution la plus la plus efficace à notre disposition : l’isolation. Une isolation complète et sans faille de toutes les parois, sol, murs et toits, sans pont thermique, tel un manteau destiné à nous protéger du climat le plus rigoureux, les jours les plus froids.

L’isolation ne peut être réalisée qu’avec des matériaux de qualité dont les principales caractéristiques spécifiques sont parfaitement définies par les lois de la physique, connues et garanties par des tiers indépendants comme précisé dans l’article « Qu’est-ce qu’un isolant? »

L’isolation est primordiale. Optimisée d’un point de vue thermique et économique, elle est le concept de base des maisons passives. Ces constructions ont, entre autre, prévue dès la phase de conception, une isolation tellement efficace qu’elles peuvent se passer d’un système de chauffage classique. Elles représentent l’objectif ultime de l’isolation optimisée. Les montants des factures d’énergie deviennent dérisoires. L’économie réalisée finit par compenser le surcoût de l’isolation. Les coûts de fonctionnement, d’entretien, de réparation et de remplacements sont nuls à l’opposé de ceux des systèmes performants de chauffage qu’il serait nécessaire d’utiliser avec une moins bonne qualité d’isolation.

À l’avenir l’énergie sera de plus en plus rare et de plus en plus chère. Il n’y aura alors aucun autre choix que d’assurer le confort maximum en limitant ce moyen au minimum indispensable et en améliorant, en contrepartie, l’isolation pour tendre vers les constructions les plus performantes de ce point de vue, les maisons passives. Ce sera le futur standard des années 2020 qui couplé à une production gratuite d’énergie in situ, suffisante pour couvrir les faibles besoins de chauffage et la totalité de tous les autres besoins spécifiques, constituera des Bâtiments à Énergie POSitive au label BEPOS.

L’isolation s’applique bien évidemment à toutes les constructions neuves mais la principale source d’économie d’énergie destinée à limiter les besoins et la pollution n’est pas là. Les bâtiments neufs ne représentent annuellement en France que 1% l’an du parc national. Pour satisfaire à nos obligations nationales et internationales de protection du climat, nous n’avons pas d’autre choix que d’agir sur le parc des bâtiments existants dont les performances sont inférieures à celle des bâtiments basse consommation au label BBC, c’est-à-dire pratiquement tous. Dans ces habitations anciennes, ou récentes mais de mauvaise qualité thermique, tout comme en construction neuve, la seule solution viable à long terme est l’isolation.

A l’avenir les propriétaires auront vraisemblablement le choix entre une restauration thermique efficace, aidée financièrement et fiscalement, autofinancée en grande partie par les économies d’énergie, qui constituera un bonus de fait lors de toute mutation ou un malus de droit infligé par une obligation de travaux à réaliser, probablement sans aide immédiate, par de futurs acquéreurs qui ne manqueront pas de déduire l’estimation des coûts des travaux de mise en conformité écologique de leur offre d’achat. Ce bonus-malus de fait pourrait être accompagné d’un bonus-malus de droit résultant de taxes proportionnelles au classement du diagnostic énergétique. Plus le bâtiment est énergivore, plus les taxes seraient élevées.

Ces dernières remarques impliquent qu’il faut dès aujourd’hui et à tout prix éviter la construction de bâtiments dont les caractéristiques thermiques sont mauvaises et non conformes au label minimum BBC. Mêmes les constructions actuelles conformes à la réglementation thermique en cours, la RT2005, et a fortiori, les 80% de constructions neuves récentes qui ne le sont pas, devront probablement subir une rénovation thermique dans quelques années seulement.

Les moyens d’action de l’état consistent en des aides financières, fiscales ou réglementaires.

En ce qui concerne la réglementation, le label BBC, Bâtiment Basse Consommation, est existant et la future réglementation thermique RT2012 applicable dés janvier 2013 a été publiée. Bien que les 2 soient très loin d’être parfait, ils constituent le plus grand saut technologique qui n’a jamais été fait en France dans le domaine de la thermique des constructions en divisant les besoins actuels d’un facteur 3 et ceux de la moyenne de la consommation des bâtiments en France d’un facteur 5. La RT2012 est une réglementation d’objectif. Toute solution permettant de l’atteindre sera valide à condition de respecter certains critères minimums imposés. Dans ce cadre, les constructeurs auront le choix entre des systèmes de chauffages très efficaces ou une qualité de bâtiment largement améliorée. La performance optimisée de l’isolation fera entrer les logements dans cette deuxième catégorie qui pourra se contenter de systèmes de chauffage rudimentaires. Dans tous les cas toutefois, l’isolation sera un facteur déterminant de l’évolution de la qualité thermique des bâtiments.

En ce qui concerne les aides financières et fiscales, le PTZ+, Prêts à Taux Zéro réservé aux primo-accédants, privilégie l’achat de bâtiments BBC et le dispositif de défiscalisation en investissement locatif Cellier va être exclusivement limité à ce type de logement. Ici encore l’obligation de l’amélioration des performances du cadre bâti aidé impose, de fait, une amélioration de l’isolation.

Jean-Michel Pupille - Architecte D.P.L.G.

En résumé :
L’isolation des constructions, renforcée et conçue efficacement, si possible sans pont thermique, est le fondement de l’évolution des modes de construction imposé par les réglementations et l’orientation de toutes les aides. C’est l’avenir des économies d’énergie et, par voie de conséquence, des économies financières et de la limitation drastique de la pollution des bâtiments.


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