Iris2016 - 2 - Etat des lieux des prestations thermiques

Iris2016, une rénovation passive à Saverdun au sud de Toulouse près d'Auterive et de Pamiers en Ariège
"Iris2016" est une maison en rez-de-chaussée sur sous-sol intégral construite et habitée pendant plus de trente ans par un maçon. Le mode de construction est d'ailleurs typique des compétences du constructeur occupant puisque, en plus de la construction du sous-sol même sous les terrasses, une grande partie des cloisons est bâtie en briques de 10cm d'épaisseur et enduite au mortier! D'un point de vue mécanique, c'est du solide. D'un point de vue thermique… c'est plutôt catastrophique. À vous de juger.

Le plancher du rez-de-chaussée donne dans le sous-sol sans la moindre isolation. Il appuie sur les murs de façade et les murs de refend, mais aussi sur les cloisons construites en dur. Toutes ces parois font autant de radiateurs qui captent une partie de la chaleur du rez-de-chaussée pour la transférer au sous-sol. La propriétaire précédente s'étonnait des températures étonnamment élevées du sous-sol. Ce n'est plus étonnant au regard du nombre et de la surface des radiateurs vers l'extérieur de la zone chauffée que forment toutes ces parois auxquelles se rajoute le plancher lui-même.

Un escalier ouvert faisait la jonction entre le sous-sol et le rez-de-chaussée. La dernière propriétaire a, fort heureusement, fait réaliser son encloisonnement. L'isolation est toutefois, soit sommaire dans les cloisons, soit inexistante dans les parois maçonnées qui le bordent… Les portes sont détalonnées… Bref, les parois de la cage d'escalier sont assez similaires à des parois extérieures non isolées et non étanches!

Les murs en brique de 20cm d'épaisseur sont doublés de briques plâtrières de 5cm d'épaisseur enduites de plâtre avec un espace de 8cm occupé par un isolant mince réfléchissant! Doublage et isolant ne correspondent pas à la même époque de construction. Le doublage est typique des années 80 alors que l'isolant semble être récent. Nous n'avons aucune explication logique à une telle mise en œuvre pour le moins surprenante.

La maison est étonnamment dotée de menuiseries bois doubles vitrages qui paraissent anciennes. Elles sont probablement sans argon et sans vitrage basse émissivité capable de réfléchir le rayonnement infrarouge vers l'intérieur. L'espaceur des vitrages est en aluminium. L'épaisseur des cadres bois est d'environ 4cm seulement sans aucun isolant.

Le toit est constitué d'un plancher béton sur lequel sont posés les nombreux murets en brique qui supportent des pièces de charpente. Il est surélevé par des briques périphériques rehaussant la totalité des façades. Toutes ces parois font, comme au sous-sol, office de radiateurs en prélevant une partie de la chaleur des locaux chauffés pour la transférer inutilement au grenier. Le pire est que le plancher n'est pas isolé en dehors de quelques rouleaux de laine de verre posés un peu n'importe comment.

La ventilation est assurée par de simples grilles murales, visibles sur les photos de l'article précédent, et une VMC simple flux. En plus du fait que ces grilles laissent la maison aux quatre vents, la ventilation ne peut pas fonctionner correctement puisque des entrées d'air ont également été placées dans les pièces de service. Il n'y a donc pas de ventilation traversante et les pièces de vie ne sont pas ventilées correctement sauf quand le vent s'en charge sans aucun contrôle!

Le chauffage est assuré par des convecteurs électriques dans les chambres et la salle de bains, et, depuis peu, par un poêle de forte puissance installé dans le séjour. C'est un gros progrès, car ce dernier a remplacé une cheminée à simple foyer ouvert.

La production d'eau chaude est assurée par un chauffe-eau électrique peu isolé placé dans le sous-sol! Il sert donc lui aussi de chauffage au sous-sol et consomme bien plus d'énergie qu'il le devrait notamment en hiver.

Il existe au moins 3 boisseaux entièrement ouverts destinés à ventiler le sous-sol. Ils assurent une liaison directe du sous-sol vers l'extérieur au-dessus du toit. En brique et non isolés, ils aident à transporter plus facilement la chaleur produite au rez-de-chaussée directement vers les oiseaux! En fait, la maison est ainsi chauffée et refroidie simultanément!

La consommation n'est pas connue, mais le niveau lamentable des prestations thermiques actuelles a provoqué, à l'évidence, un gouffre économique et écologique depuis l'origine et continuera dans le futur si rien n'est fait. Ce bâtiment est une passoire thermique dont le besoin de chaleur est exorbitant puisqu’il n'existe pratiquement aucune isolation et qu'il est ouvert aux quatre vents, même lorsque les portes et fenêtres sont fermées. Il va falloir le diviser par un facteur probablement supérieur à 20 ou 25… La puissance nécessaire pour le chauffage monte également bien au de là des normes actuelles. Elle va également subir une forte baisse et le poêle actuel bien trop puissant ne pourra pas être conservé. La seule limite sera celle que les ponts thermiques indestructibles et les moyens financiers nécessaires imposeront.

Quelques photos et les plans d'état des lieux sont joints ci-après :


Iris2016 - Etat des lieux - Sous-sol - 01

Etat des lieux - Cloisonnement du sous-sol ou radiateurs pour les mulots




Iris2016 - Etat des lieux - Combles

Etat des lieux - Support de la charpente ou radiateurs pour les oiseaux et "Isolation" pour le moins sommaire



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